Éric Brugier – Marchand d'art – Gestion de collection

KIJNO

BIOGRAPHIE

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BIOGRAPHIE

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Ladislas Kijno (1921 – 2012) : Le Poète de la Couleur et du Geste

Ladislas Kijno fut l’un des artistes les plus originaux et prolifiques de l’après-guerre en France, dont l’œuvre, à la croisée de l’abstraction et d’une figuration allusive, explore avec une rare intensité la matière, la lumière et l’émotion humaine. Artiste inclassable, il a su créer un langage pictural unique, souvent qualifié de « poésie par le geste ».

Des Racines Polonaises à l'Éveil Artistique

Né en 1921 à Varsovie, Ladislas Kijno arrive en France à l’âge de 7 ans, s’installant dans la région
minière du Nord, près de Lens. Issu d’un milieu ouvrier, ses débuts furent marqués par le travail à la mine et un engagement dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est à la fin des années 1940 qu’il découvre véritablement sa vocation artistique, d’abord par le théâtre et l’écriture, puis très rapidement par la peinture. Il suit une formation à l’École des Beaux-Arts de Paris, mais c’est surtout par une exploration autodidacte et une recherche incessante qu’il forgera son style.

L'Émergence d'un Style Unique : Le Papier Froissé et la Peinture Sans Pinceau

La décennie 1950 est fondatrice pour Kijno. Il développe sa technique emblématique du « papier froissé ». Intrigué par la texture et les plis que le papier crée, il décide de l’intégrer à sa peinture, l’enduisant de colle, le froissant, le collant sur la toile avant de le peindre. Cette méthode confère à ses œuvres une dimension sculpturale et une vibration lumineuse très particulière, les rendant reconnaissables entre toutes. Kijno délaisse souvent le pinceau au profit des doigts, des chiffons, ou de la projection directe de la peinture, cherchant une connexion plus viscérale et spontanée avec la matière.

Son style est caractérisé par de grands formats, une palette de couleurs vives et intenses – souvent des rouges profonds, des bleus électriques, des noirs charbonneux – et une énergie gestuelle palpable. Ses œuvres oscillent entre une abstraction lyrique où les formes se devinent et une figuration subtile, parfois évoquant des visages, des corps ou des paysages intérieurs.

Une Œuvre Engagée et Spirituelle

Tout au long de sa carrière, Kijno n’a jamais cessé d’interroger le monde. Son œuvre est
profondément humaniste et spirituelle, souvent imprégnée de ses réflexions sur la condition
humaine, la souffrance, l’espoir et la mémoire. Il réalise de nombreuses séries importantes :

 

  • « Hommage à la Liberté » et les « Pietà » (années 1960), en réponse à des événements
    politiques et à la violence du monde.
  • Les « Bombardements » (années 1970), inspirés par la guerre du Vietnam, des explosions de couleur et de matière qui expriment la destruction.
  • Les « Rembrandt », les « Poussin » ou les « Matisse » (années 1980 et 1990), où il réinterprète de manière audacieuse les grands maîtres, en se les appropriant par son propre langage pictural.
  • Il explore également les thèmes religieux, créant des œuvres pour des lieux de culte, comme la fresque monumentale de l’Église de la Trinité à Lens, en hommage aux mineurs.

Reconnaissance et Postérité

Ladislas Kijno a exposé dans le monde entier, de New York à Tokyo, en passant par de nombreuses capitales européennes. Son œuvre est présente dans de prestigieuses collections publiques et
privées. Il a reçu de nombreuses distinctions tout au long de sa vie.

Décédé en 2012 à l’âge de 91 ans, Ladislas Kijno laisse derrière lui une œuvre immense et foisonnante, qui continue d’émouvoir par sa force, sa poésie et son authenticité. Il demeure une figure singulière de l’art du XXe siècle, un artiste dont la peinture était une respiration, un cri et un hymne à la vie.

Ladislas Kijno (1921 – 2012) : Le Poète de la Couleur et du Geste

Ladislas Kijno fut l’un des artistes les plus originaux et prolifiques de l’après-guerre en France, dont l’œuvre, à la croisée de l’abstraction et d’une figuration allusive, explore avec une rare intensité la matière, la lumière et l’émotion humaine. Artiste inclassable, il a su créer un langage pictural unique, souvent qualifié de « poésie par le geste ».

Des Racines Polonaises à l'Éveil Artistique

Né en 1921 à Varsovie, Ladislas Kijno arrive en France à l’âge de 7 ans, s’installant dans la région
minière du Nord, près de Lens. Issu d’un milieu ouvrier, ses débuts furent marqués par le travail à la mine et un engagement dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est à la fin des années 1940 qu’il découvre véritablement sa vocation artistique, d’abord par le théâtre et l’écriture, puis très rapidement par la peinture. Il suit une formation à l’École des Beaux-Arts de Paris, mais c’est surtout par une exploration autodidacte et une recherche incessante qu’il forgera son style.

L'Émergence d'un Style Unique : Le Papier Froissé et la Peinture Sans Pinceau

La décennie 1950 est fondatrice pour Kijno. Il développe sa technique emblématique du « papier froissé ». Intrigué par la texture et les plis que le papier crée, il décide de l’intégrer à sa peinture, l’enduisant de colle, le froissant, le collant sur la toile avant de le peindre. Cette méthode confère à ses œuvres une dimension sculpturale et une vibration lumineuse très particulière, les rendant reconnaissables entre toutes. Kijno délaisse souvent le pinceau au profit des doigts, des chiffons, ou de la projection directe de la peinture, cherchant une connexion plus viscérale et spontanée avec la matière.

Son style est caractérisé par de grands formats, une palette de couleurs vives et intenses – souvent des rouges profonds, des bleus électriques, des noirs charbonneux – et une énergie gestuelle palpable. Ses œuvres oscillent entre une abstraction lyrique où les formes se devinent et une figuration subtile, parfois évoquant des visages, des corps ou des paysages intérieurs.

Une Œuvre Engagée et Spirituelle

Tout au long de sa carrière, Kijno n’a jamais cessé d’interroger le monde. Son œuvre est
profondément humaniste et spirituelle, souvent imprégnée de ses réflexions sur la condition
humaine, la souffrance, l’espoir et la mémoire. Il réalise de nombreuses séries importantes :

 

  • « Hommage à la Liberté » et les « Pietà » (années 1960), en réponse à des événements
    politiques et à la violence du monde.
  • Les « Bombardements » (années 1970), inspirés par la guerre du Vietnam, des explosions de couleur et de matière qui expriment la destruction.
  • Les « Rembrandt », les « Poussin » ou les « Matisse » (années 1980 et 1990), où il réinterprète de manière audacieuse les grands maîtres, en se les appropriant par son propre langage pictural.
  • Il explore également les thèmes religieux, créant des œuvres pour des lieux de culte, comme la fresque monumentale de l’Église de la Trinité à Lens, en hommage aux mineurs.

Reconnaissance et Postérité

Ladislas Kijno a exposé dans le monde entier, de New York à Tokyo, en passant par de nombreuses capitales européennes. Son œuvre est présente dans de prestigieuses collections publiques et
privées. Il a reçu de nombreuses distinctions tout au long de sa vie.

Décédé en 2012 à l’âge de 91 ans, Ladislas Kijno laisse derrière lui une œuvre immense et foisonnante, qui continue d’émouvoir par sa force, sa poésie et son authenticité. Il demeure une figure singulière de l’art du XXe siècle, un artiste dont la peinture était une respiration, un cri et un hymne à la vie.